Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 10:22

TREKKING ENTRE CHINGUETTI  ET L'OASIS DE TERGIT ORGANISE PAR ALLIBERT

 

 

 

Nous sommes partis avec :

http://www.allibert-trekking.com 

 



Départ de Paris CdG lundi 10 mars à 00h30. Escale à Marseille. Arrivée heure locale à Atar à 6h30 (moins une heure en Mauritanie) après un survol de la ville un moment en attendant que le jour se lève car l'unique piste n'est pas balisée !
Arrivés à l'aéroport et après les formalités douanières, nous rencontrons Boubacar, organisateur du voyage sur place, impressionnant dans son boubou blanc immaculé. Sa peau très noire et son mètre quatre-vingt dix en imposent ! Il nous présente ensuite Yslem notre guide. Tout de suite la connexion se fait, le courant passe. Yslem a le sourire et met tout de suite à l'aise. Sans tarder, direction les 4x4, escortés par une nuée de vendeurs de chèches qui nous mettent la pression d'entrée et nous font promettre un achat au meilleur prix. On en prend un évidemment. Même pas le temps d'être présentés aux autres membres du groupe que déjà on s'installe dans les véhicules : direction Chinguetti à 80 km.
Il ne faut pas espérer une route goudronnée : entre Atar et Chinguetti (ville classée au patrimoine mondial par l'Unesco), c'est de la piste bien brinqueballante qui vous fait parfois cogner l'occiput au plafond. Mais les chauffeurs connaissent ce type de conduite et on roule entre 80 et 100km/h sur de la tôle ondulée. On commence à prendre contact avec le paysage aride et désolé de sable, d'arbustes chétifs, d'habitations que l'on pourrait croire en ruines, de montagnes noires et ... de la chaleur !
Au bout d'un moment, on stoppe devant une construction sans signe particulier. Quatre  militaires en sortent, demandent les passeports et ... l'attente ! un bon quart d'heure.
C'est reparti. Quelques minutes plus tard, le chauffeur vire subitement à gauche et s'enfonce dans le reg : piste caillouteuse, rochers noirs parmi lesquels on apercevra un splendire lézard fouette-queue tout noir de 40 bons centimètres.
On arrive sur un plateau dominant une immense vallée avec, au fond, encore des canyons noirs aux à-pics impressionnants. Loin sur la gauche, du promontoire, on peut distinguer le Fort Sagane, construit de toutes pièces pour les besoins d'un film avec Gérard Depardieu et Sophie Marceau dans les années 80.
On fait un arrêt p'tit-déj sur un site découvert par Théodore Monot en 1986: une petite grotte avec des peintures rupestres  : des silhouettes de femmes et d'hommes, d'animaux aujourd'hui disparus de la savane qu'était le pays il y a plus de 6000 ans.
Café, thé, confitures diverses, pain moelleux : ça fait du bien ! Les présentations sont faites et on essaie de se souvenir des prénoms de toutes et tous. On est un groupe de 13, ainsi qu'Yslem Ould Aït Ahmed notre guide, Mohamed et Ali les chameliers et Douida notre cuisinier.
On remonte à bord des chameaux japonais (les Toyota ici) et on entame la montée vers Chinguetti par la passe l'Amogjar sur une route en lacets (goudronnée cette fois) qui nous amène au sommet du plateau.
L'arrivée à Chinguetti se fait dans une petite auberge bien sympathique à l'entrée de la ville. Y a même 4  toilettes et autant de douches (j'ai du m'improviser plombier et réparer une chasse d'eau en panne !)
 Mais sans eau chaude ...

 
On débarque nos affaires pour la nuit et on prépare notre chambre.
        Service sur le toit en terrasse des traditionnels trois thés : le premier amer comme la vie, le second doux comme l'amour et le dernier suave comme la mort. 

 

Par joel le petit
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 22:25

L'installation dans les chambres terminée, nous partons en 4x4 visiter Chinguetti et rejoindre la vieille ville.
Chinguetti est un lieu saint de l'Islam, la 7ème ville de l'Islam Sunnite. Elle doit être visitée par tout musulman (qui en a les moyens) au même titre que La Mecque. Cette ville est classée au Patrimoine Mondial  de l'humanité par l'Unesco. Elle abrite de nombreuses bibliothèques dont certaines possèdent des livres de plus de 900 ans. Beaucoup de ces ouvrages ont été détruits par les termites.
Nous avons pu visiter une bibliothèque de grande valeur cette après-midi. Le garant de la tradition familiale nous a présenté un certain nombre d'ouvrages de toute beauté : impressionnant par leur très grand âge. La plupart de ces livres, d'inspiration poétique et religieuse, sont des livres d'étude du Coran. Nous avons pu découvrir un livre qui se lisait des quatre points cardinaux : ainsi quatre élèves pouvaient étudier le même texte en même temps : ingénieux moyen d'économie de matière ! L'érudit nous présenta ensuite nombre d'objets anciens, utiles aux nomades et voyageurs d'antan, très ingénieux et de grande beauté.
Il nous fit une démonstration d'un astucieux système de fermeture de porte : une clé en forme de brosse à dent que l'on glisse dans la serrure. Elle fait ainsi coulisser un ensemble de pièces de bois qui débloquent l'ouverture de la porte à deux battants (ce système, à l'origine yéménite, a été retrouvé en Pays Dogon au Mali et jusqu'au Maroc).
La visite de la ville continue par ses ruelles ensablées avec l'impression que l'on traverse un village en ruines. On découvre au détour d'une ruelle le vieux minaret de la mosquée de Chinguetti dont chaque pointe est ornée d'un oeuf d'autruche ! (dans laquelle les non-musulmans ne sont pas admis).
Des femmes portant des plateaux nous assaillent : un bijou, une pièce de tissu, un chèche, un boubou, une théière ...
On visite les "boutiques" des femmes organisées en coopératives féminines. Ici, les femmes sont libres d'organiser leur commerce. Le mari travaille pour la famille, tout ce qu'elles peuvent gagner leur appartient en propre. Le contact avec ces commerçantes excercées n'est pas aisé pour un européen comme moi : 1er jour et je suis content d'avoir fait baisser le prix un splendide porte-clef en ébène et argent. De 5000 ouguyas, je l'ai obtenu à 3000, avec un thé en prime ! Sauf que ce genre d'article peut être obtenu pour la moitié du prix que je l'ai payé !!  On ne m'y reprendra pas, je serai super-ferme sur les prix la prochaine fois !

La monnaie de la République Islamique de Mauritanie est l'ouguya. En mars 2008, un Euro vaut 350 ouguyas.

En reprenant le chemin de notre auberge, nous avons traversé un oued très large (200m), inondé par 60cm d'eau à la saison des pluies en été. On imagine mal cette superficie de sable transformée en lac !
La traversée de la ville "nouvelle" nous oblige à visiter les boutiques : on t'alpague à droite, à gauche ! Si tu visites pas sa boutique, le commerçant te fait fait comprendre qu'il n'apprécie pas ...

Enfin, nous arrivons à l'auberge. On s'assure que tout est prêt pour la nuit avec nos lampes frontales (pas d'électricité dans les chambres).

L'heure de la soupe n'est pas loin. Dans une salle aménagée, on s'installe autour d'une grande table pour le repas du soir : un ragoût de légumes et chameau avec des crèpes. Bonnes les crèpes, mais croustillantes ... de sable !
22 heures : au dodo et à demain !

 
Par joel - véronique le petit
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Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 13:35

Le bissap est une boisson que l'on retrouve un peu partout en Afrique.

 

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Bissap)


C'est une infusion de fleurs d'hibiscus séchées.
Recette pour un litre de bissap
- faire bouillir 25cl d'eau et y jetter une poignée de fleurs séchées,
- hors du feu, faire infuser 10 minutes
- rajouter 75cl d'eau froide
- sucrer selon votre goût
  -on peut rajouter quelques feuilles de menthe au moment de mettre au frais
- servir très frais
- régalez-vous et étonnez vos amis
!

ci-dessus : les fleurs d'hibiscus

Par joel - véronique le petit
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 11:24

La journée commence tôt : lever à 5h30 !
Après le petit déjeuner, premier contact avec les chameliers Ali et Mohamed et les dromadaires. Ce sont tous des mâles (Ali et mohamed aussi), sympathiques au demeurant mais faut mieux pas trop s'approcher qu'en-même.

Ils sont assez peureux et peuvent vous casser un fémur d'un coup de patte (les dromadaires, pas Ali et Mohamed !).
Après leur avoir confié nos bagages et rempli nos gourdes, nous partons pour notre premier jour de marche vers le désert.

 

 

 Les dunes s'offrent à notre regard : majestueuses, rondes, colorées, immenses ... Nous sommes saisis par leur beauté.
Les heures s'écoulent.

Il n'est pas aisé de marcher dans le sable qui s'enfonce sous nos pas, nos mollets durement sollicités nous le rappellent !
Trois heures et demie plus tard, après avoir gravi une dune, nous découvrons émerveillés l'oasis de La Gaïla tout en bas : un écrin de verdure dans un océan de blancheur torride.
Petite pause au sommet de la dune, battus par un fort vent chaud, nous descendons vers le lieu de notre déjeuner. Nous sommes accueillis par un des propriétaires. Cinq familles vivent ici toute l'année. Lors de la saison de la cueillette des dattes, en été, plusieurs centaines de personnes sont logées dans des cabanes spécialement aménagées.
Nous regardons un vieil homme procéder à la polénisation des fleurs femelles des dattiers avec un rameau de fleurs mâles. Ici, les insectes sont trop peu nombreux pour une polénisation naturelle, c'est à l'homme de le faire : vous parlez d'un boulot avec ces innombrables palmiers !
Après avoir dégusté un bissap rafraichissant, nous nous mettons "à table" autour d'une grande salade de crudités. A table, façon de parler car on mange assis sur des tapis.
Durant la sieste, des femmes de l'oasis ont déballé leur "boutique" et quelques temps après commencent les discussions sur les prix. Le marchandage est une manière naturelle d'acheter et de vendre dans ce pays. Ne pas marchander avec un vendeur peut lui être offensant. De plus, cela créé un contact toujours plaisant avec les habitants des oasis et les nomades.
Joël, nommé notre "marabout" car il est guérisseur-magnétiseur-rebouteux (en Europe et dans le civil), est sollicité pour des soins à des enfants de l'oasis. Ils sont souvent victimes d'infections occulaires et ont besoin de collyres pour se soigner.
Cet après-midi, il fait bon : 35° à l'ombre, thermomètre bloqué à 54° à l'extérieur.
Une courte sieste et il faut déjà y aller, il est 15h30.
A la sortie du village, nous avons la chance d'arriver en même temps que les élèves de l'unique école de l'oasis. Nous sommes autorisés à visiter et rencontrons un jeune instituteur et ses dix élèves dont une seule fille. Ils sont complètement démunis en matériel scolaire.
Si vous vous rendez en Mauritanie, gardez vos stylos publicitaires, ou achetez-en sur place (ou mieux des crayons de bois qui ne polluent pas) ainsi que quelques cahiers et donnez-les à votre guide ou à un instituteur et non directement aux enfants qui vous accostent, vous ne ferez pas d'incitation à la mendicité.
L'après-midi s'étire longuement dans la chaleur, beaucoup de montées et de descentes. Entre introspection et bavardages, nous avons hâte d'arriver au campement. La fatigue du premier jour commence à se faire sentir.
Il est 18h30 quand nous apercevons au loin les khaïmas (tentes mauritaniennes) dressées pour la nuit.
Le soir, durant le dîner, Gilles nous déclame avec brio quelques poèmes sous le ciel étoilé.
Une gerboise couleur de sable nous rend une petite visite et vient fureter presque entre nos jambes. Elle repart en faisant un énorme bon en l'air et revient discrètement chiper un morceau de pain.
On papote autour du feu. Enzo, comme à son habitude, nous raconte ses histoires et fait marrer tout le monde.
22 heures : on chasse le sable du matelas, on s'enfonce dans le duvet. Ce soir, il fait 10°.
Bonne nuit les petits ...

Par joel - véronique le petit
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 21:35

Tout le monde en forme à 7 heures !

de gauche à droite, et de bas en haut :

- votre serviteur, Joël, écorcheur de bombardes et de cornemuses, Mellac, Finistère

- Enzo, baroudeur qui fait des paris avec lui-même pour ne pas parler, Ozoir-la-Ferrière, Seine-et-Marne

- Ollivier, Philippe, reste-t-il un pays qu'ils n'ont pas visité ?, à côté du Havre, Seine-Maritime

- votre serviteuse, Véro, qui se barbouille de Nutella chaque matin

- Gilles, spécialiste du CAFE -en majuscules svp !- poète et acteur, Ozoir-la-Ferrière, Seine-et-Marne
 
- Marc, agri-trufficulteur  soucieux de la nature et Odile, institutrice soucieuse d' ... enseignement, du  pays du Champagne : Marne

- Gisèle, gaffe au contrôle ... fiscal, retraitée des Finances, Maillot dans l'yonne. Manque Joël le Marabout,  magnétiseur-rebouteux,  qui était sûrement parti téléphoner (ou à la prise de vue) mais que vous retrouverez sur d'autres photos plus loin !

- Anne-Marie, amie de Gizou et Jojo !, de Maillot également !

- de Maillot encore ! : Françoise et Eric le facteur : Si, si ! un vrai !! comme Jacques Tati dans "Jour de Fête" !

Voilà, vous connaissez tout le monde maintenant. Bienvenue parmi nous !

Par joel - véronique le petit
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Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 21:39
Merci de poster vos commentaires sur vos expériences de la Mauritanie, du désert, ou de pays qui offrent ce genre d'escapade.
Par joel - véronique le petit
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 22:02
A 6h00 ce matin, les jambes sont lourdes : chaque pied pèse 200 tonnes (à quelques kilos près, on va pas chipoter non plus). On se traîne un peu vers le petit déjeuner avec son thé bouillant et son pain craquant. Ca requinque vraiment et le départ se fait à 7 heures et demi sous un soleil un peu voilé, comme d'habitude le matin.
On fait rapidement quelques rencontres : des ânes, des dromadaires et ... deux femmes qui sont apparues sur notre parcours, avec leur boutique bien entendu et le "zhrig" (lait de chèvre, eau et sucre) traditionnellement offert en signe de bienvenue. Pour nous, les ... pfff ... touristes, c'est ceinture, sinon ... tourista assurée pour le reste du voyage (vous parlez alors d'un voyage !).
Au bivouac du midi, pas d'acacia ! La grande tente est montée sur une esplanade plane en plein cagnard. Des femmes arrivent peu après comme d'habitude. Sauf qu'aujourd'hui, elles ne feront pas que vendre : Enzo a revêtu son costume de commercial pro du marketing ! Il donne une leçon de gestion à ces femmes qui ... font semblant de ne pas l'entendre. Elles ont du tact, c'est certain !
Mal compris mais magnanime, il leur offre à chacune parfum, stylo et autre petit objet. Il a le "staïle" Enzo !

Après la big sieste de midi, on met le cap toujours à l'ouest : heureusement pour nous, le vent dominant est dans notre dos et toujours présent.
En cheminant, quelqu'un (je ne sais plus qui, sorry) aperçoit une bestiole qui s'enfuit à vive allure dans les dunes. Yslem l'a vu également : il s'agit d'un fennec ! Malheureusement pour cet animal, on est près de son terrier et pour cette raison, il n'y reviendra plus et s'en crééra un nouveau ailleurs. Malgré cela, on se lance sur la piste du terrible animal ! Il laisse des traces par trop évidentes le bougre !
On le suit comme ça durant un bon moment, il file tout droit, c'est facile ! On va bien réussir à le surprendre eh eh eh !
Tu parles Charles ! A un moment, il surgit de derrière une touffe d'alfa (l'herbe du désert dont se nourissent les chameaux) et nous gratifie d'un superbe galop d'adieu, avec sa queue flottante comme celle d'un renard, passant d'une dune à l'autre magistralement. Moment rare dont chacun apprécie la beauté éphémère ...
Le soir avant le repas, la nuit déjà tombée, Olivier nous enseigne l'astrologie. On est allongé sur un matelas, on a les yeux rivés vers les constellations qu'il nous indique. Avec une patience digne de mon professeur de mathématiques de collège, il essaie de faire deviner à Véro la constellation d'Orion : le héros lui-même (4 étoiles), son bouclier (4 étoiles) et son arc (4 étoiles). Pas facile d'expliquer, pas facile de distinguer non plus une figure représentée par 12 étoiles parmi ... des milliers d'autres. Au bout de 5 heur...  minutes, tout le monde a le bouclier d'Orion en ligne de mire.
Ces moments simples sont des instants privilégiés. Dans un environnement comme celui-ci, après une journée de marche dans un milieu qui n'est pas le nôtre, on apprécie ces instants de partage sans forfanterie, sans fioritures, tout simplement  naturels et profondément humains.

Faut surélever les pieds pour la nuit pour se soulager des lourdeurs de la journée ? Ah bon, merci. Je vais faire ...
 dodo ...ronfle, ronfle, ronfle ... tout le monde ronfle ...

Par joel - véronique le petit
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 21:15

Comme d'habitude : lever 6h15 ! (jamais de ma vie, je n'aurai imaginé me lever si tôt !), il fait 10 °.
La matinée s'écoule lentement, entre sable, cailloux et montagnes noires au loin.
Dans le reg, Yslem débusque un lézard fouette-queue et se lance à sa poursuite à toute allure. On a du mal à croire qu'il puisse courir si vite en claquettes parmi tous ces cailloux !  Il finit qu'en-même par attraper le reptile en lui coinçant la tête avec son bâton. On en profite pour en faire quelques clichés.
On commence à prendre goût à la température ambiante : à 10 heures, il fait juste 32° ; à 11h40, tout à l'heure, on aura 2 degrés de plus ! Chouette pour un mois de mars !!
Découverte de nombreux acacias en fleurs : elles ressemblent à celles de nos mimosas : de jolies boules jaunes très parfumées, mais plus "doré".
Je n'ai pas de photo pour vous montrer le "baobab du désert", un arbuste qui semble retenir beaucoup d'eau, qui renouvelle ses feuilles tous les deux mois et qui fleurit trois fois par an. Si vous avez des renseignements, des photos, faites-nous en faire part.
Aujourd'hui, on a marché dans une ambiance quasi religieuse : Enzo a fait le pari avec lui-même qu'il resterait muet jusqu'au franchissement de la montagne qu'on voit au loin. Et elle est loin la montagne ! Ca veut dire quelques heures de répit !! (Enzo est bavard, c'est rien de le dire)
La torpeur de midi nous prend tous après le repas : sieste prolongée. Pendant ce temps, Mohamed, avec un chameau, part refaire le plein au point d'eau à 6 kilomètres.
Comme d'habitude, des femmes nomades installent leur boutique à 42,5 cm de nous.
Nous nous disons qu'Enzo ne participera pas aux traditionnels échanges avec les vendeuses. C'est sans compter son caractère communicatif : il se lance dans des tractations et du troc qui n'en finissent plus. Mais : sans paroles !!
Avec gestes, mimiques, acquiessements ou dénégations, il  parlemente avec elles. Il finira qu'en-même par faire quelques affaires !
Gilles, bon coeur, offre une paire de chaussettes de marche à une femme dont les siennes sont trouées. Les chaussettes de Gilles étaient sales aussi, je vous le confirme !
16h30 : c'est reparti pour une courte balade dans les dunes avec à notre gauche, la montagne de Zarga : déchiquetée et noire de roches qui semblent prêtes à tomber à la moindre sollicitude. Son point culminant : 900m.
On fait une pause au bas de la montagne, on souffle, on boit, on se prépare à l'ascension terrible.
Le dénivelé est de 130-150 mètres mais on a l'impression du double, même du triple !
La montée se fait chacun son rythme avec une pause au milieu. Le sommet est en vue et on met un coup de collier lors de la reprise.
Le ciel s'ouvre enfin à l'arrivée au sommet. Du haut de la montagne de Zarga, nous en avons le souffle coupé ! Rien n'arrête notre regard ! De ce côté-ci de la montagne, c'est une dune qui descend en pente raide vers une gigantesque plaine parsemée d'arbustes chétifs et bordée de montagnes noires, lointaines, perdues dans le flou de la distance. Cette vallée est innondée à la saison des pluies. Cela doit former un lac immense !
Chacun jouit du spectacle. Dans la lumière déclinante du coucher, un léger vent nous balaie.
Les shootings s'enchainent pire que chez Jean-Paul Gauthier !
On écrit nos noms dans le sable : cela prédit que l'on reviendra à cet endroit.
Notre bivouac est loin en bas, c'est le moment d'entreprendre la descente de la dune : de ce côté, elle fait 120 mètres ! Sans chaussures ni chaussettes, on commence à dévaller la pente abrupte. Le sable doux et chaud est un véritable massage des pieds, chevilles et mollets.

Arrivé en bas, nous retrouvons quatre femmes qui arrivent d'un campement nomade que l'on apercevait du haut de la montagne : elles ont fait entre 6 et 8 kilomètres pour nous rejoindre.
Nous traversons l'immense vallée plane parsemée d'une végétation typique de la savane : acacias, herbe jaune pâle. Nous passons par un petit camp nomade : deux, trois habitations de paille, des troupeaux de chèvres et de moutons, quelques chameaux. Et les quatres ou cinq petits enfants qui viennent à notre encontre : "cadeau m'sieur, cadeau m'dame ?!".
Le thé, les gâteaux secs, les dattes et les cacahouettes nous attendent comme chaque soir quand nous arrivons soulagés au bivouac.
Nous assistons à la cuisson du pain dans le sable.
J'en vois d'ici qui se disent que ce que nous mangeons le lendemain croustille sous la dent ! Eh bien détrompez-vous !
La recette
Pour le pain : farine, eau, sel, levure, huile de coude et de longues minutes de pétrissage.
Pour la cuisson
- un feu de braises bien chaudes
- écartez les braises et une couche de sable chaud de quelques centimètres d'épaisseur et mettez-les sur le pourtour,
- renversez la pâte en forme de galette dans le trou,
- recouvrir du sable chaud et ensuite de la braise,
- au bout de 15 minutes, sortir le pain et le retourner. Le recouvrir de sable et de braises,
- 15 minutes plus tard, le pain est cuit. Le taper avec un bâton pour faire évacuer le sable éventuellement collé. Le poser et le frotter quelques instants avec du sable "propre et frais" de chaque côté. Le taper avec le bâton, l'essuyer avec la main. Le son produit par un pain bien cuit, lorsqu'on le frappe d'un index replié, est "toc-toc" et pas "touk-touk". Ce son doit sonner clairement !
Plaisir garanti pour le petit déj !!
Soirée blagues, anecdotes, énigmes. Yslem, notre guide, nous en donne une :
"Qui nait avec deux cornes, vit sans corne et  meurt avec deux cornes ?" A vos réponses. Bonsoir !

Par joel - véronique le petit
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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 21:15

Vendredi 14 mars 2008, 6 heures, Yslem fait battre la casserole pour nous réveiller : "Yalah, yalah !".
Nous partons à 7h22 précisément, Joël-42* est le rapporteur des températures, des horaires et des distances parcourues (il a un gps,  faut dire aussi !).
Nous descendons les paliers successifs du reg : paysage minéral noir, cailloux branlants sous nos pieds, chaleur : 38° à 10 heures, on parle peu.

 

Avant d'arriver au bivouac, nous rencontrons trois femmes nomades, assises au pied d'un arbuste : elles nous offrent le thé. L'accueil en Mauritanie est simple. Les gens d'ici ne s'épanchent pas en courbettes devant les touristes ...
Vers 11 heures, on arrive au campement en passant à côté de massifs de plantes : il y pousse un liseron violet (qui ressemble à celui de chez nous). Douida nous a préparé une excellente citronnade fraiche qui nous procure un grand plaisir : après 15 kilomètres ce matin, ça fait du bien !
Le vent contrarie un peu notre repas, on a intérêt à protéger notre bol du sable charrié par les bourrasques.
Durant la sieste sous un arbre : concert de ronflement ... mixte ! (je n'en fais pas partie, je ne ronfle jamais. Hein Véro ?!).
Près de nous, un troupeau de chèvres qui essayent d'attrapper les feuilles des arbustes piquants, et son berger. L'image est bucolique à souhait ! On se croirait dans la Petite Maison dans la Prairie !
On se remet en route alors que le thermomètre marque sournoisement 42.5°. Cette fois-ci, cela s'avère difficile. Durant notre progression, le vent mollit et finit par tomber. La chaleur assassine nous assaille. Certains d'entre nous éprouvent des difficultés cet après-midi. Le sentiment oppressif de l'environnement se fait vraiment sentir. Chacun se surpasse aujourd'hui.
D'un sommet, on aperçoit loin en bas le campement tant attendu. Dans un quart d'heure, on peut s'écrouler !
Nous posons nos sacs dans un oued qui n'est sûrement pas accueillant à la saison des pluies. Les chameliers vont faire le plein d'eau à quelques kilomètres.
J'ai décidé de me raser ce soir. Vous parlez d'une galère, l'huile de rasage, achetée exprès par rapport à son volume réduit, est inopérante ici. La mousse et 256 ml d'eau, mousse qui sèche en 2 minutes, et une lame de rasoir plus loin, la peau est toujours semblable à celle d'un requin tigre adulte : de la toile émeri, rèche au possible. J'attendrai d'être dans une "vraie" salle de bain !
Les vendeuses sont là, j'avais oublié de vous le préciser ... Et même un vendeur, que l'on retrouvera à Tergit l'avant-dernier jour ! Sont pas nomades pour rien tiens !
Ce soir, repas princier : haricots verts, FRITES, et GIGOT de chèvre ! Quelle surprise !!
D'autant que l'on a pas vu notre guide acheter une chèvre à midi, ni la tuer et la dépiauter d'ailleurs !!
Mais, quelle tendreté que cette viandre cuite dans l'alu sous la cendre !
Chacun se régale tant qu'il peut.
La tête pleine d'images, à 22 heures, 22 degrés, on se couche.
Bonne nuit les petits ...........

* Joël-42 : pourquoi 42 ? A chaque fois que quelqu'un lui demandait la température, il sortait son ... thermomètre et annonçait : "Au moins 42 !".
Un peu comme Yslem d'ailleurs à qui l'on demandait le temps restant à parcourir : "Oh ... trois quarts d'heure, une heure ou deux !"
Un thermomètre, comme une montre, sont des objets inutiles ici ...

Par joel - véronique le petit
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 22:11

Comme d'hab : lever 6h00 TAGADA TSOING TSOING

On commence à s'y faire et le lever nous semble moins difficile d'un jour à l'autre.
Départ 7h30.
Nous marchons d'un pas allègre durant une paire d'heures pour arriver à l'oasis de Varess.
Avant d'y arriver, notre route croise celle de troupeaux se rendant à l'abreuvoir.
Yslem  nous indique que nous assistons à un moment rare : celui de plusieurs troupeaux venant se désaltérer  : il y a là chameaux , chèvres, et les ânes attendent à l'écart. Un homme semble dévolu à la tache de remplir un demi bidon métallique avec 50 litres du précieux liquide. Il puise dans le puit à 4 mètres de profondeur à l'aide d'une outre de caoutchouc au bout d'une corde. Sans cesse, il répète les mêmes gestes ...

 

 


Les chameaux engloutissent une quantité d'eau incroyable. Et à une vitesse !! En quelques minutes, ils ont fait le plein de 80 litres !
Nous passons là un bon moment dans l'effervescence du lieu investi par toute cette faune.
La visite de l'oasis se poursuit dans la palmeraie. Yslem nous indique qu'en période de pluies, l'eau peut monter à 3 mètres dans les palmiers avec les crues dans les oueds. On aperçoit d'ailleurs des branchages divers au sommet des arbres ainsi qu'un squelette de crâne de chèvre !
Nous traversons le village de l'oasis situé plus en hauteur. Nous rencontrons ensuite un "cultivateur". Nous arrivons au moment où, à l'aide d'une pompe à essence, il remplit une "piscine" d'eau qui lui sert à irriguer les 90 palmiers de sa plantation. Nous en profitons pour lui acheter dattes, eau, coca rafraichi à l'eau du puit.
Un dattier produit, s'il est irrigué avec soin, 120 kilos de fruits par an. Sinon, on peut en tirer au maximum 80 kilos. Beaucoup de cultivateurs font le choix de l'irrigation et des investissements qui vont de pair. Même si cela reste dans le domaine de la toute petite exploitation ...
En sortant du village, devant l'école fermée à cette heure, nous discutons âprement avec deux vendeurs au demeurant sympathiques. Ils restent fermes sur leurs prix car désormais nous ne nous laissons plus embobiner par leurs bonnes mines.
Nous nous arrêtons chez une connaissance de notre guide et entrons dans sa propriété close de murs de pierres sèches : ici, chaque construction a son utilité et est éloignée des autres. On peut voir : la cuisine, le garde-manger, la partie habitation : repas et couchage, la terrasse où l'on se retrouve le soir pour dormir lorsqu'il faut chaud. On peut compter cinq constructions par "maison". Les fenêtres de la partie habitation sont pratiquement au ras du sol : ici, on mange assis et on dort sur un simple matelas. D'autant, que la chaleur rentre moins de cette manière.
Nous rencontrons des enfants et discutons avec eux : ils sont très gentils mais essayent qu'en-même d'obtenir un "cadeau" de notre part. Ils n'obtiennent rien de nous : ils ne nous en veulent pas.
Nous repartons direction l'ouest durant encore un bon moment !
- quelle température Joël-42 ?
-  42 !
- merci, on s'en doutait !
Arrivés au bord d'une profonde vallée, un paysage vert s'offre à nous : une multitude de palmiers verts brillants s'étend au dessous de nous entre deux canyons de roches noires : l'oasis d'Azougui.
Les contrastes sont saisissants, les perspectives : vertigineuses.
Elle est la plus grande de la région : 7 kilomètres. Elle compte 2000 habitants, ... et cinq fois plus à la saison de la cueillette des dattes en été !
Après une pause avec l'oasis à nos pieds, nous entamons la descente. Nous progressons sur un chemin bordé de dattiers et d'arbustes qui me semblent être des albisias que nous rencontrons chez nous. Nous traversons un village ... du far-west : une rue centrale seulement.
Arrivés à l'Auberge Toul, nous prenons place sous la khaïma qui nous est destinée : ombre bienvaillante, matelas confortable. Tout pour être heureux !
Qui a vu en premier la piscine ??!!!
SORTEZ LES MAILLOTS DE BAIN !!!!

En deux minutes, tout le monde est à l'eau !
Le bonheur ? Sans aucun doute !
Nous chahutons dans l'eau fraiche, le patron de l'auberge nous gratifie d'un jet d'eau puissant :  nous retrouvons notre âme d'enfant : le plaisir simple . Notre corps, après des jours de privations, réclame cette eau et puise tant qu'il peut sa fraîcheur !
Il nous est même servi un bissap bien frais alors que nous trempons dans ce bain bienfaisant ! Les traditionnels trois thés suivront aussi.
Après le repas et la sieste, personne ne résistera à la tentation de se tremper une nouvelle fois le popotin dans l'onde fraîche.
Départ vers 16h30 et tout de suite après la sortie du village, un dénivelé de 100m bien casse-pattes dans les roches et les cailloux. Arrivés en haut, nous admirons le paysage de l'oasis avec le soleil déclinant.
Après une traversée de grands espaces de roches noires, de sables et de verdure, nous arrivons au bivouac vers 18h30. Douida est toujours là avec aujourd'hui, en plus des habituels dattes, biscuits secs et cacahuettes, de magnifiques et alléchants beignets au sucre ! Le régal, je vous dis que ça !
Ce soir, des vendeuses nomades font le siège du campement : elles y passeront la nuit.
Durant le repas, vers l'est, on aperçoit au loin des éclairs (à l'aéroport, je rencontrerai le voyageur d'un groupe qui se trouvait sous ces éclairs : ils ont eu de la pluie !).
Nous remettons "l'enveloppe" à Yslem : le pourboire destiné aux chameliers qui doivent emprunter une autre route demain matin et rentrer chez eux pour quelques jours de repos.
Nous dirons au-revoir demain matin à Ali et Mohamed, deux personnes discrètes avec le coeur sur la main.


Aujourd'hui c'était cool : 16 kilomètres seulement !
Tout le monde se dit que la journée s'est passée de façon parfaite, sauf qu'à ce moment précis, Enzo se lève et dans un état de transe entame soudainement un air d'opéra (Pavarotti était plus connu dans cette oeuvre). Sauf qu'il le fait en direction des chameliers qui prennent peur, croyant qu'Enzo "criait" après eux (on le saura plus tard) ! Je vous dis pas le quiproquo et la grosse marrade de tout le monde !
Vous croyez que la soirée se termine là ? Enzo, eh voui, encore lui (heureusement on en a qu'un !) se lance dans un répertoire rarement entendu dans le désert Mauritanien : la Tyrolienne ! Et pas une Tyrolienne pour touriste ! De la bonne grosse Tyrolienne à 120 décibels qui roule bien, avec ses Yalala itou,  et qui fait de l'écho dans les montagnes dans un rayon de 20 bornes au moins ! Yslem est renversé de rire, Ali et Mohamed ont les yeux exorbités devant l'inimaginable, nous on est pliés et on en redemande d'autant que, véridique, il y a de l'écho : nous campons dans un demi-cercle de falaises qui nous renvoit la prestation d'Enzo !
Après cette excellente soirée, tout le monde va au lit : on ne traîne pas à s'endormir malgré la température : 30° à 22 heures.

Par joel - véronique le petit
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