Dimanche 16 mars, lever 6h00 : Yslem n'a pas de réveil mais il est ponctuel !
Départ, vous l'avez deviné : 7h30 !
Ce matin, nous navigons entre reg, erg et dunes. La végétation croît à mesure que nous progressons.
Au bout d'une longue plaine sèche, nous arrivons au pied d'une falaise dans laquelle est balisé un chemin : nous grimpons de roche en roche.
Ceux qui ont été chèvre ou bouquetin dans une vie antérieure apprécient la grimpette ce matin ; les autres, moins.
Nous arrivons sur un plateau rocheux noir et incandescent. La progression se fait de manière raisonnée : nous nous arrêtons souvent.
Nous visitons en chemin un nouvelle grotte préhistorique avec des peintures rupestres : preuve que l'être humain a peuplé cet endroit voilà plus de 10 000 ans !
Le dernier arrêt nous mène à l'extrème bord du plateau rocheux, juste avant de descendre vers l'oasis de Tergit dont un minuscule triangle vert, en bas, loin à notre droite nous est
visible.
C'est l'occasion d'admirer les promontoires abrupts et noirs qui dominent les langues de sables jaunes et rouges qui montent à leur encontre. Les vallées encaissées entre des murs vertigineux
dépassant probablement 200 mètres de haut ! La palette de couleurs est impressionnante : noirs, bruns, rouges, ocres et jaunes se partagent le bleu et le blanc du ciel ...
Nous descendons du plateau vers notre prochaine destination : Tergit.
Au bout de la dernière descente caillouteuse, nous arrivons en surplomb de l'oasis : nous sommes en haut de la falaise et apercevons 40 mètres en bas les palmiers et quelques habitations de
Tergit.
Nous progressons le long de l'oasis qui est enchassée entre deux hautes falaises et qui forme un boyau en forme de "V", très fin et appointé à son extrémité.
Enfin, nous parvenons en bas au niveau des dattiers. La différence de température devient flagrante à l'ombre des palmiers. Très rapidement, nous descendons au niveau d'un bassin de 3x2m de béton
alimenté par l'eau qui provient du plateau : deux sources jaillissent à Tergit !
Téléchargez GOOGLE EARTH si vous ne l'avez pas encore ! Vous avez accès à tous les sites de notre planète, y compris votre propre habitation ! L'oasis de Tergit/Terjit y figure évidemment.
Chacun fait une grande provision du liquide frais, d'autant que, pour la seule fois de la semaine, on n'est pas obligés d'y mettre des pastilles désinfectantes !
Nous ne tardons pas, vous l'aurez deviné, à tomber chemise et short pour n'enfiler qu'un maillot de bain : direction la baignade ! La grande mare offre une eau qui fait bien 28° mais, vu la température extérieure qui doit bien frôler les 35, elle nous paraît fraiche ! Il y a même des petits poissons ! C'est un vrai régal. Nous remontons 50 mètres pour aller tremper les pieds dans la "piscine" aperçue en arrivant : l'eau est vraiment fraiche : 22° au mieux ! Pourquoi je suis le seul à y plonger ? Et pourquoi il y a comme des gros vers vert et jaune dans l'eau ? Des sangsues ? Ok, merci ! Et pourquoi, il y a comme des gros scarabées dans l'eau ? Des bestiaux de 4 cm qui nagent entre mes jambes, des sangsues gloutonnes qui me pomperaient le sang !! Au secours, je sors de là !
On visite un peu l'endroit en attendant le repas. Un ruisseau coule au milieu qui irrigue la multitude de palmiers.
Après le repas, nous nous octroyons une sieste paisible, bercés par le glou-glou de l'eau et le ramage des nombreux oiseaux qui peuplent l'endroit.
L'après-midi s'écoule tranquilement entre balade, bain dans la source d'eau chaude et douche plus que rustique.
Soudain des cris, nous sommes quelques uns à accourir : là, impuissants, nous assistons à un meutre : celui ... d'une couleuvre qui a eu le tort de passer par là : les gens de Tergit ne prennent pas de risques. Il n'y a pas de médecin ici, ni de sérum anti-venin d'ailleurs, alors on ne fait pas de différence entre couleuvre et vipère : on tue à coup de pelle ou de rateau.
Vers 17 heures, on se prépare à lever le camp. Nous traversons l'unique rue de Tergit. Des gamins nous escortent qui réclament un stylo. Yslem fait la distribution.
En route, de petites constructions abritent de minuscules boutiques. Des vendeuses nous accostent, mollement. Nous rencontrons un vendeur que l'on a vu deux ou trois jours auparavant en plein désert.
A la sortie du village, nous approchons de l'école : Mohammed, un garçon de 8 ans nous aborde : je le questionne : bien-sûr il est premier et apprend très bien en classe !
Nous descendons la piste qui nous mène à un poste de police et au dernier commerce de Tergit. Tout autour, d'immenses canyons noirs s'offrent à notre vue. Au sud-ouest, dans le lointain, nous apercevons bientôt la khaïma de notre dernier bivouac. Nous montons la tente "mess" commune, qui doit servir à se replier en cas de vent de sable et qui n'a jamais servi que comme cabine d'habillage et de deshabillage pour ces dames ! Nous n'installons pas, comme d'habitude, le long pare-vent qui permet de s'abriter durant la nuit. Nous posons chacun notre matelas de mousse au sol dans un périmètre très restreint les uns les autres par rapport aux jours précédents.
Demain est un autre jour ...
Une 'tite vidéo panoramique du dernier bivouac
