Mercredi 2 avril 2008
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22:02
A 6h00 ce matin, les jambes sont lourdes : chaque pied pèse 200 tonnes (à quelques kilos près, on va pas chipoter non plus). On se traîne un peu vers le petit déjeuner avec son thé bouillant et
son pain craquant. Ca requinque vraiment et le départ se fait à 7 heures et demi sous un soleil un peu voilé, comme d'habitude le matin.
On fait rapidement quelques rencontres : des ânes, des dromadaires et ... deux femmes qui sont apparues sur notre parcours, avec leur boutique bien entendu et le "zhrig" (lait de chèvre, eau
et sucre) traditionnellement offert en signe de bienvenue. Pour nous, les ... pfff ... touristes, c'est ceinture, sinon ... tourista assurée pour le reste du voyage (vous parlez alors d'un voyage
!).
Au bivouac du midi, pas d'acacia ! La grande tente est montée sur une esplanade plane en plein cagnard. Des femmes arrivent peu après comme d'habitude. Sauf qu'aujourd'hui, elles ne feront pas
que vendre : Enzo a revêtu son costume de commercial pro du marketing ! Il donne une leçon de gestion à ces femmes qui ... font semblant de ne pas l'entendre. Elles ont du tact, c'est certain
!
Mal compris mais magnanime, il leur offre à chacune parfum, stylo et autre petit objet. Il a le "staïle" Enzo !
Après la big sieste de midi, on met le cap toujours à l'ouest : heureusement pour nous, le vent dominant est dans notre dos et toujours présent.
En cheminant, quelqu'un (je ne sais plus qui, sorry) aperçoit une bestiole qui s'enfuit à vive allure dans les dunes. Yslem l'a vu également : il s'agit d'un fennec ! Malheureusement pour cet
animal, on est près de son terrier et pour cette raison, il n'y reviendra plus et s'en crééra un nouveau ailleurs. Malgré cela, on se lance sur la piste du terrible animal ! Il laisse des traces
par trop évidentes le bougre !
On le suit comme ça durant un bon moment, il file tout droit, c'est facile ! On va bien réussir à le surprendre eh eh eh !
Tu parles Charles ! A un moment, il surgit de derrière une touffe d'alfa (l'herbe du désert dont se nourissent les chameaux) et nous gratifie d'un superbe galop d'adieu, avec sa queue flottante
comme celle d'un renard, passant d'une dune à l'autre magistralement. Moment rare dont chacun apprécie la beauté éphémère ...
Le soir avant le repas, la nuit déjà tombée, Olivier nous enseigne l'astrologie. On est allongé sur un matelas, on a les yeux rivés vers les constellations qu'il nous indique. Avec une patience
digne de mon professeur de mathématiques de collège, il essaie de faire deviner à Véro la constellation d'Orion : le héros lui-même (4 étoiles), son bouclier (4 étoiles) et son arc (4 étoiles).
Pas facile d'expliquer, pas facile de distinguer non plus une figure représentée par 12 étoiles parmi ... des milliers d'autres. Au bout de 5 heur... minutes, tout le monde a le bouclier
d'Orion en ligne de mire.
Ces moments simples sont des instants privilégiés. Dans un environnement comme celui-ci, après une journée de marche dans un milieu qui n'est pas le nôtre, on apprécie ces instants de partage
sans forfanterie, sans fioritures, tout simplement naturels et profondément humains.
Faut surélever les pieds pour la nuit pour se soulager des lourdeurs de la journée ? Ah bon, merci. Je vais faire ...
dodo ...ronfle, ronfle, ronfle ... tout le monde ronfle ...