Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 21:15

Vendredi 14 mars 2008, 6 heures, Yslem fait battre la casserole pour nous réveiller : "Yalah, yalah !".
Nous partons à 7h22 précisément, Joël-42* est le rapporteur des températures, des horaires et des distances parcourues (il a un gps,  faut dire aussi !).
Nous descendons les paliers successifs du reg : paysage minéral noir, cailloux branlants sous nos pieds, chaleur : 38° à 10 heures, on parle peu.

 

Avant d'arriver au bivouac, nous rencontrons trois femmes nomades, assises au pied d'un arbuste : elles nous offrent le thé. L'accueil en Mauritanie est simple. Les gens d'ici ne s'épanchent pas en courbettes devant les touristes ...
Vers 11 heures, on arrive au campement en passant à côté de massifs de plantes : il y pousse un liseron violet (qui ressemble à celui de chez nous). Douida nous a préparé une excellente citronnade fraiche qui nous procure un grand plaisir : après 15 kilomètres ce matin, ça fait du bien !
Le vent contrarie un peu notre repas, on a intérêt à protéger notre bol du sable charrié par les bourrasques.
Durant la sieste sous un arbre : concert de ronflement ... mixte ! (je n'en fais pas partie, je ne ronfle jamais. Hein Véro ?!).
Près de nous, un troupeau de chèvres qui essayent d'attrapper les feuilles des arbustes piquants, et son berger. L'image est bucolique à souhait ! On se croirait dans la Petite Maison dans la Prairie !
On se remet en route alors que le thermomètre marque sournoisement 42.5°. Cette fois-ci, cela s'avère difficile. Durant notre progression, le vent mollit et finit par tomber. La chaleur assassine nous assaille. Certains d'entre nous éprouvent des difficultés cet après-midi. Le sentiment oppressif de l'environnement se fait vraiment sentir. Chacun se surpasse aujourd'hui.
D'un sommet, on aperçoit loin en bas le campement tant attendu. Dans un quart d'heure, on peut s'écrouler !
Nous posons nos sacs dans un oued qui n'est sûrement pas accueillant à la saison des pluies. Les chameliers vont faire le plein d'eau à quelques kilomètres.
J'ai décidé de me raser ce soir. Vous parlez d'une galère, l'huile de rasage, achetée exprès par rapport à son volume réduit, est inopérante ici. La mousse et 256 ml d'eau, mousse qui sèche en 2 minutes, et une lame de rasoir plus loin, la peau est toujours semblable à celle d'un requin tigre adulte : de la toile émeri, rèche au possible. J'attendrai d'être dans une "vraie" salle de bain !
Les vendeuses sont là, j'avais oublié de vous le préciser ... Et même un vendeur, que l'on retrouvera à Tergit l'avant-dernier jour ! Sont pas nomades pour rien tiens !
Ce soir, repas princier : haricots verts, FRITES, et GIGOT de chèvre ! Quelle surprise !!
D'autant que l'on a pas vu notre guide acheter une chèvre à midi, ni la tuer et la dépiauter d'ailleurs !!
Mais, quelle tendreté que cette viandre cuite dans l'alu sous la cendre !
Chacun se régale tant qu'il peut.
La tête pleine d'images, à 22 heures, 22 degrés, on se couche.
Bonne nuit les petits ...........

* Joël-42 : pourquoi 42 ? A chaque fois que quelqu'un lui demandait la température, il sortait son ... thermomètre et annonçait : "Au moins 42 !".
Un peu comme Yslem d'ailleurs à qui l'on demandait le temps restant à parcourir : "Oh ... trois quarts d'heure, une heure ou deux !"
Un thermomètre, comme une montre, sont des objets inutiles ici ...

Par joel - véronique le petit
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